Le phare de saint Ici

 ANECDOTES

 

Le moulin à scie de Saint Ici.

Les anecdotes
Le four à pain
La glacière
Le moulin à scie de Saint Ici.
Le moulin à vent de l'ère
de la Nouvelle France.

Pierre Minville, artisan



agrandir - Le moulin à scieVoici une autre installation d’importance dans le développement d’un village. Nous voyons d’ici l’ensemble de l’appareil avec les bois bruts ou sciés avec des godendards accrochés aux corniches. Nous voyons sa prise de force hydraulique dans la rivière. On est scieur de bois de père en fils, ou homme de cour ou pilleur de planche, etc. Donc plusieurs à travailler ici.
Comme le village est installé dans une plaine, maquette oblige, il y a peu de relief géographique pourtant important pour créer une prise de force dans le courant de la rivière. Nos gens vont donc construire un barrage de bois qui créé un lac artificiel, une réserve d’eau. Le débit de cette*dam* sera contrôlé par la porte à levier qui dirige l’eau vers la roue par la rampe inclinée. On arrive à créer la vitesse requise à la lame de coupe, d’une part avec une grande économie d’eau et, d’autre part, par le jeu des engrenages de bois (entretenus à la graisse de bœuf) qui accélèrent le mouvement de rotation. ¨Ça ne va pas très vite mais ça arrive à faire du madrier dans n’importe quel billot si géant soit-il. Il ne nous manque que le parfum du bois frais coupé pour que la maquette prenne vie.

 

Note de l'artisan:

Un jour, c’est un visiteur qui, ayant passé devant la glacière et atteint le moulin à scie, revient sur ses pas, redresse les épaules et
Sa conjointe, voyant sourdre l'émotion, vient le prendre par le biceps et opinera de la tête tout au long de la narration.

Il dit : «Quand j’étais jeune, j’habitais à Verdun et après l’école, j’allais chez le marchand de glace pour acheter les copeaux de glace tombés sur le sol de bran de scie lors du découpage des blocs en morceaux livrables dans les cuisines de toutes les maisons avant l'arrivée des réfrigérateurs.
Je rinçais ces copeaux et j'allais les vendre dans les restaurants pour mettre dans les verres de liqueur. Le restaurateur y gagnait de faire durer plus longtemps ses gros blocs sans utiliser son pic à glace.
À la fin de la classe le vendredi, avec l’argent de la glace, j’allais au moulin à scie et j’achetais autant de poches de bran de scie que possible,
Le samedi matin, avec un bout de tuyau de poêle et une vielle copie de La presse je fabriquais (1) des bûches de chauffage pour la nuit que j’allais revendre de maison en maison pour ramener davantage d’argent à la maison.»

C’était la crise des années trente.

Que faisait ce ti-cul en langage d’aujourd’hui ?

Il récupérait un déchet de matière périssable, la glace, qu’il recyclait dans les restaurants pour créer un premier capital qu’il réinvestissait dans un déchet de matière renouvelable, le bran de scie, pour le transformer en source de chaleur.

Et rapportait à la maison encore un peu d’argent pour aider au quotidien.

Du vrai recyclage avant le terme!!!

(1) Un bout de tuyau de poêle d’environ 30 cm sert de moule, les feuilles de journal s’enrobent à l’intérieur et servent d’enveloppe au bran de scie qui y est foulé. Une fois les bouts chiffonnés, on sort du moule une bûche bien ronde et lourde suffisante pour garder un semblant de chaleur dans la maison pour toute la nuit et à meilleur coût que le bois de chauffage.

Note de l'artisan:

Il y avait alors quatre ans que je travaillais avec le doute ancré en moi à propos de ma capacité à faire quelque chose de crédible quand soudain cet homme m'a fait réaliser que si les repères visuels sont les mêmes pour tous, les mémoires, elles, sont toutes différentes....Fini, le doute